Mercredi 10 septembre 2008

Je confesse

 

Je confesse que j’aime mon pas qui marque

La terre

Et le pont qui nargue l’eau et mon cœur

Qui s’y noie

La feuille étoile rousse allume l’air

Et chasse la rouille

Ensemble ma lèvre cerne le flot et l’ordonnance belle de la trève

-        C’est juré les hommes me laissent faire –

Il est rouge mon cœur dis-tu ?

Il est noir, je dis, noir aigre-doux comme une messe

Qui se trompe vingt fois

Sous les doigts de la vieille

Je laisse hors du débat ma raison fer rouge

Tropique en proue d’un trop timide navire

Le mur apache cherche la grandeur où le vent bat

La flamme

Il pleut qui passe pour une veine percée

Il est temps que je m’innocente

Je confesse que j’oublie

La mort qui m’appelle

Moue triste.

 

Par marie-mutine
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Mardi 2 septembre 2008

Diamants du matin.

 

Une brume prise à contre-jour

Les arbustes, les brindilles et les feuilles encore résistantes

Tous et toutes recouvertes d’une pellicule de glace, de gel matinal

Un gel qui s’étend ety recouvre la nature entière,

Mais il n’est pas encore temps que le lac soit saisi par son étreinte…

Diamants irisés, éclats de tous les tons.

La brillance d’un matin ensoleillé annonçant l’hiver

Une brillance chaude et froide tout à la fois,

Reposante pour les yeux, pour l’esprit…

Mais hélas, cette soyeuse couverture tout de blancheur

Eut tôt fait de disparaître, une fois le soleil encore puissant et chaud

Elancé dans une trajectoire s’annonçant sans nuage.

Ces éclats ont disparu, lentement,

Se sont transformés en gouttelettes d’eau,

Comme des larmes de regrets

Ou de vénération à l’adresse du roi Soleil….

C’est comme cela que je t’aime, ma Laponie,

Terre des Dieux.

Par marie-mutine
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Mardi 26 août 2008

Regard  lointain ( conte)

 

Le soleil se levait sur le camp indien.

Soudain, un cri retentit.

Un bébé venait de naître.

Flèche-qui-vole écarta la peau de bison qui fermait le tipi et hurla :

-         J’ai un fils !

A la nouvelle lune, on fit un grand feu.

Flèche-qui-vole présenta l’enfant aux anciens. Le bébé ouvrait deja grands les yeux devant les flammes.

Le vieux chef hocha la tête :

-Ce sera un grand chasseur.

Alors, les danses commencèrent…

Vent des Plaines, la maman, avait appelé son fils Regard lointain, à cause de ses yeux noirs,toujours grands ouverts.

Mais bien vite elle s’aperçut d’une chose : son fils ne voyait pas.

Un soir, elle dit à son époux :

-Notre fils est aveugle.

Flèche-qui-vole entra dans une terrible colère. Puis il se calma et dit tristement :

-Mon fils ne sera jamais un grand chasseur !

Regard Lointain grandit . Il apprit à reconnaître ses amis en touchant leur visage.

Il montait même un poney gris tacheté et disait :

-Mon poney voit à ma place !

Le jour de ses sept ans, Regard Lointain dit à son père :

-Je veux participer à la course de la plume.

Flèche –qui-vole répondit, le cœur serré :

-Mon pauvre fils…Comment pourrais-tu rapporter une plume d’aigle ?

Regard Lointain insista tant que son père finit par accepter.

Le matin de la course, Regard Lointain monta sur son poney, comme les autresenfants.

Le vieux sachem brandit sa lance :

-Allez ! Et que le meilleur gagne !

Les petits cavaliers se mirent tous à hurler : You !You !You !

Regard Lointain chuchota à l’oreille de son poney :

-Vers la montagne, allez !

Et tandis que le vent fouettait sa chevelure, Regard Lointain pensait :

«  Si je pouvais rapporter une plume d’aigle, mes parents seraient fiers de moi. »

Après une longue chevauchée, le poney s’arrêta.

Regard Lointain lui dit :

-Tu m’as mené au pied de la montagne. Je sens l’air frais qui descend des sommets.

Il  sauta à terre et caressa son poney :

-Attends-moi ici !

Et Regard Lointain commença à grimper sur le sentier.

Il se disait, pour se donner du courage :

-Quand je serai en haut, j’entendrai venir les aigles. Je me cacherai et je leur volerai une plume.

Mais au fond de lui, il sentait bien que c’était impossible.

Pourtant, il continuait à monter.

Regard Lointain  arriva enfin au sommet. Au dessus de lui, il entendit un cri. Le vent lui apporta une odeur de plumes chaudes.

Il se dit : Je suis tout près d’un nid d’aigle !

Il se mit à tâtonner à la recherche d’une plume abandonnée. Mais il ne trouva que des brindilles et des petits os.

Un second cri retentit.Puis ? le silence.

Le petit garçon pensa :

« C’était l’aigle.Il ne viendra jamais… »

Regard lointain allait redescendre quand il sentit un mouvement léger, tout près de lui. Il tendit la main et la referma sur une chose inconnue.

Il la glissa dans son sac et se dit :

«  Ce n’est pas une plume, mais tant pis. »

La nuit commençait à tomber, mais pour Regard Lointain, cela n’avait pas d’importance.

Il s’engagea sur le sentier avec prudence.

Quand il arriva en bas, il entendit un grondement sourd et lointain.Aussitöt ,il sauta sur son poney et cria :

-Vite, rentrons !Il faut prévenir le sachem…

Au camp, aucun enfant n’avait rapporté de plume.

La maman de Regard Lointain s’inquiétait :

-Il fait presque nuit. Tous les enfants sont rentrés…

Flèche-qui-vole lui prit la main :

-Je sais. Mais notre fils doit rentrer seul, c’est la loi de la course…

Soudain, les enfants poussèrent des cris de joie : You ! You ! You !

Regard Lointain était de retour !

Le vieux sachem lui demanda :

-As-tu trouvé une plume ?

Regard Lointain sourit :

-Non, mais j’ai entendu les bisons !

Le lendemain, tout le clan partit à la chasse aux bisons.

Regard Lointain était sur son poney, derrière son père.

Sur la tête, il portait une plume d’aigle que le vieux chef lui avait offerte.

Avant de partir, il se retourna :

-Maman, n’oublie pas ce que je t’ai confié !

Vent-des-Plaines le regarda avec fierté, Regard Lointain serait un grand chasseur.

Elle retourna vers le tipi.

A l’intérieur, quelqu’un attendait : c’était le petit aigle que son fils avait trouvé.

Par marie-mutine
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Dimanche 17 août 2008

Un message qui nous vient du soleil…

 

Une langue de feu déchirant les ténèbres d’est en ouest

Un feu qui impose silence et provoque la crainte des humains

Une lumière multicolore

Dominée par le jaune et le vert

Une lumière cependant virant parfois au rouge

Le rouge du sang, de la vie.

Une flamme de lumière qui déc hire l’horizon,

Là où les tunturits et le ciel se rejoignent

Un feu d’artifice

Qui traverse la voie lactée,

Qui voile un instant les étoiles scintillant de tout leur éclat

Sur toute l’étendue de la voûte solaire

Une lumière mystérieuse, qui inspire , respect et admiration

Qui impose le silence dans la forêt et alentour.

Un faisceau épousant une multitude de formes

Que la légende associe à un «  renard de feu « 

Un renard qui longe l’horizon et resurgit derrière la forêt,

Par delà les montagnes.

Une lumière en mouvement, se modifiant au gré des tempêtes solaires

Un miracle de la nature, un phénomène

Qui, selon l’imaginaire des Saami

Représente la queue en feu d’un renard

Qui traîne vers l’horizon

Et longe les tunturit, tout au loin

Mais en vérité, ainsi est l’aurore boréale :

Un message qui nous vient du soleil, à travers les ténèbres

Les saami ne sont-ils pas les filles et les fils du soleil ?

Par marie-mutine
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Lundi 11 août 2008

Les femmes sont les premières maisons

des hommes et des femmes,

elles sont leur rampe de lancement, leur pont,

elles leurs donnent leur âme.


Ainsi les hommes pendant 9 mois

ont été qu'ils le veuillent

ou pas......... des femmes.

Une fois sortis d'elles, hélas!,

il arrive qu'ils les profanent,

les massacrent, les violent, les damnent.

 

Ô vous, qui que vous soyez,

c'est aux femmes que vous devez

le fait de naître

et de marcher sur la terre.

Ne laissez pas se faner

les fleurs qui vous ont portés

vers la lumière.

Elles vous disent:

«Je vous ai fait,

à vous à présent de vous faire.

C'est à votre tour d'achever 

l'ouvrage... déjà... commencé.

A votre tour de vous faire naître

jusqu'au moment où la mort,

notre mère à tous et à toutes,

nous fera entrer de plain-pied

dans ce qu'on appelle, à tort ou à raison,

l'éternité.»


 

Julos Beaucarne

Tourinnes-la-grosse 7/8/8

 

 

 

Par marie-mutine
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Mercredi 6 août 2008
.

Fortune

 

Vierge qu’on voit sur les armoires,

Le cœur prodigue et rougissant,

On écrivit avec ton sang

Les plus émouvantes histoires.

 

Mais pour animer nos poèmes,

Nous n’avons comme nourricier,

Vite épuisé que ce cœur blême

Que blesse une plume d’acier.

 

Ce cœur qui d’aimer s’exténue,

Mais ne vit que d’expédients,

Et qui,las,s’en va par les rues

Perdues,ainsi qu’un mendiant.

 

Qu’as-tu donc entre les deux yeux

Qui te fait marcher sa     ns détour,

Comme un porteur pressé qui veut

Se décharger d’un poids trop lourd ?

 

Et pourtant, lorsque chez la Parque

Un soir, nous irons descendant,

Nous n’aurons pour payer la barque

Que ce cœur pâle entre les dents.

Par marie-mutine
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Jeudi 31 juillet 2008

Cent grains de sable dans ma main…

 

Cent grains de sable dans ma main…

Et je poursuivais mon chemin,

Et je marchais sur la dune,

Et je pensais à la lune…

 

A la lune que j’aime  tant,

Et je pensais au Grand Esprit,

Je pensais à tous les enfants

Qui ne verront pas le tipi…

 

Aujourd’hui, j’ai l’âme indienne,

Envie de mer, envie de ciel,

Envie du silence de la plaine

Envie de toutes les merveilles…

 

Et je laisse couler le sable

Entre mes doigts, tout doucement,

Je souris, je dois être aimable,

Et laisser s’écouler le temps…

 

Je dois retrouver la vie,

Et ma vigne, et ma maison…

Je dois aimer de passion

Et refermer mon beau tipi…

 

Écrit hier, dans la dune.

Par marie-mutine
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Lundi 28 juillet 2008

 

A ma fille.

 

La vie, c’était avant-hier

Quand on te voulait,

Quand tous les deux on t’espérait,

Quand tous les deux on t’attendait.

 

La vie, c’était hier,

Quand tu es apparue,

Quand nos yeux t’ont reconnue,

Quand dans nos bras on t’a reçue.

 

La vie, c’est aujourd’hui,

Quand tu jases et quand tu ris,

Quand parfois, une larme tremble,

Quand on cherche à qui tu ressembles.

 

La vie, c’est aussi demain.

Il est commencé ton destin.

Dis-nous quel chemin tu suivras

Et vers quel bonheur tu partiras…

Par marie-mutine
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Dimanche 20 juillet 2008

Pensée.

 

Tu priais pour que se dévoile

Ton cœur toujours noyé par l’ombre.

Mais il était comme un puits sombre

Où ne dormait aucune étoile.

 

Et pourtant même quand déferle

Un vent d’horreur dans la nuit noire,

Poète,ô doux pêcheur de perles

Sur l’océan du désespoir,

 

Tu pars, l’amour entre les bras,

Arracher au vieux fond des âges

La nacre qui s’animera

D’un trait furtif de ton visage.

 

Hélas, l’injuste destinée

Nous ravit l’amère folie

D’orner nos misérables vies

Par tant de peine consternés.

 

Ah ! Sur les bords elyséens

Plus accueillants, est-il une eau

Où nous pourrons à pleines mains

Ramasser de tremblants joyaux ?

Par marie-mutine
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Mercredi 16 juillet 2008

Elle était fée.

 

Elle était lumière dans la nuit,

Elle habitait dans le midi…

 

Elle venait de Monaco,

Le pays où il fait toujours beau.

 

Elle était vraiment gentille,

Elle s’appellait Emilie.

 

Elle était elle –même soleil

Elle ignorait ses merveilles.

 

Elle aimait la musique des mots

Elle les offrait en cadeaux.

 

C’était la fée de l’écriture,

C’était sa seconde nature.

 

Et j’appréciais Emilie,

Je la considère comme ma fille.

 

Par marie-mutine
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