Vendredi 11 juillet 2008

Le poids de rien.

 

Combien pèse un flocon de neige ? demanda la mésange charbonnière à la colombe.

«  Rien d’autre que rien «  fut la réponse

Alors, la mésange raconta une histoire :

«  J’étais sur la branche d’un sapin quand il se mit à neiger.

Pas une tempête, non, juste comme un rêve, doucement, sans violence.

Comme je n’avais pas mieux à faire, je commençai à compter les flocons  qui tombaient sur la branche où je me tenais.

Il en tomba 4.973. Lorsque le 4.974ème tomba, rien d’autre que rien, comme tu dis, la branche cassa.

Sur ce, la mésange s’envola.

La colombe, une autorité en matière de paix depuis l’époque d’un certain  Noé, réfléchit un moment et se dit :

« Peut-être ne manque t’il qu’une personne, le poids de rien, pour que le travail accompli par tous porte ses fruits, pour que le monde bascule dans la paix, pour que les ateliers deviennent un lieu de partage et d’amitié «    ;    

 

Par marie-mutine
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Samedi 5 juillet 2008

Un homme simple. Maurice Carême.

 

Il puisait de l’eau,

Il cassait du bois.

L’ombre des oiseaux

Etoilait son toit.

 

Il semait du blé,

Il fauchait du foin.

Le coteau entier

Riait dans son pain.

 

Il était si simple

Que ses yeux, en mai,

Pour tous fleurissaient

Comme des jacinthes.

 

Et , quand il priait,

Tout seul sous son toit,

Jésus dans son ombre,

Regardait le monde

A travers ses doigts.

 

Au peintre Félix De Boeck.

 

 

Par marie-mutine
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Dimanche 29 juin 2008

Maurice Carême : Je sais qu’il existe.

 

-Mais vers qui marchez-vous ?

Lui demandait-on étonné.

-Même les yeux bandés,

Je saurai où je vais,

Répondait-il.

 

Et vers qui, lui demandait-on ?

-Je ne le connais pas,

Répondait-il,

Mais je sais qu’il existe,

Et cela me suffit.

 

-Et quand le rencontrerez-vous ?

Peut-être tout à l’heure…

Je ne lui demande après tout

Que de pouvoir, dans le malheur,

Faire une lampe de mon cœur.

 

Par marie-mutine
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Mardi 24 juin 2008

La bonne recette.

 

«  De la cave au grenier, réveillez la maison ! »

Vous l’avez dit, mon cher, je vous donne raison,

Il faut traquer l’aragne, et la mite et la mouche,

Après quoi, soir venu, bienvenue est la couche !

 

Armé de serpillière et d’un aspirateur,

Vous serez maître enfin de vos peines de cœur.

On peut imaginer que tout est dans la poche…

De votre Electrolux ; plus rien dans la caboche ?

 

L’homme est de bon conseil, qui domine si bien

L’amour par un trantran efficace, oh combien !

« Allez-y, ne traînez ! »…Après quelques semaines,

Vous me le promettrez : ni passions, ni haines.

 

Il n’est plus un «  mouton «  ,plus une ombre au miroir.

Les phantasmes chassés, quand arrive le soir,

Comme on se sent heureux dans la noble attitude

De qui libre se croit de morne solitude !

 

On l’a dit en chanson, cela n’existe pas…

On est donc consolé ; fini le branle-bas !

Tout le muscle endurci, les deux pieds sur la terre,

Que c’est beau le réel,quand le rêve il enterre !

 

Homme qui n’avez pas d’alibi bel et bon

De toute la fatigue, à vous compassion !

Il est vrai, j’oubliais, vous vous plongez au livre,

C’est moins dur, c’est plus haut !...Chez vous, fait-il bon vivre ?

Par marie-mutine
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Dimanche 22 juin 2008

Le masque.

 

Au fond, n’est-on jamais que masques ?

Un sourire est illusion

Comme est faux le sequin des basques

Au rose habit de l’histrion.

 

Le monde est un vaste théâtre,

Un atelier de poudre aux yeux,

Un hôpital où se replâtre

A chaque coup, l’aventureux.

 

Même l’ami croit optimiste

Le cœur du poète aux abois

Qui ne peut être sur la liste

Qu’un doux humoriste narquois.

 

Il est éternel, le spectacle

Du clown en piste au cœur brisé.

Fais- les rire, pitre, et le racle

Ton violon désaccordé !

Par marie-mutine
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Vendredi 20 juin 2008

Le sonnet dort.

 

Ce sonnet assoupi, ne le réveillez pas

Car il dort du sommeil de l’enfant tendre et rose

Ou de la Belle au Bois qu’une charmante dose

A fait rêver cent ans du prince qui viendra.

 

Ne le réveillez pas, ce serait son trépas

Car en ce monde vil il verrait peu de choses

Dont un noir cauchemar ne s’avère la cause

Et peu de songes bleus livrés à ses ébats.

 

A quoi ressemble donc un sonnet sans souci ?

C’est un sonnet dormant tout comme celui-ci

Sanglé d’ombre câlins et de langueur furtive

 

L’ineffable tracé d’un être en devenir

Une ébauche de fable au jour naissant rétive

Peut-être un bout de conte à se faire dormir…

 

Par marie-mutine
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Jeudi 19 juin 2008

Jet de lumière

Source de flamme

Rivière nue

 

Absence noire

Battement d’aile

Voici la nuit

 

Regarde l’homme

Cheveux d’argent

Voici la vie

 

Les enfants chantent

Les femmes pleurent

Les hommes rient

 

Jet de lumière

Source de flamme

Vient de la terre

 

La libellule

Ce soir est là

Rien que pour toi.

Par marie-mutine
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Mercredi 18 juin 2008

S’il existe un paradis.

 

S’il existe un paradis

Où seront les opprimés,

Les enfants déshérités

Et les poètes maudits,

 

S’il existe un paradis

Pour les gars de la déveine,

Et pour ceux que l’on entraîne

Quand se lèvent les fusils,

 

S’il existe un paradis

Pour tous ceux qui ont vécu

Sans avoir jamais rien vu,

C’est le tien, mon cher ami,

 

Et plus tard, toi mon ami,

C’est toi qui me guideras

Et qui me reconnaîtras,

S’il existe un paradis.

 

Par marie-mutine
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Mardi 17 juin 2008

Immensité

 

Voudrais-tu m’enseigner le secret de l’espoir,

Pourrais-tu me montrer tes reflets, ta richesse

Et le chemin qui mène au jour de la sagesse ?

Conduis-moi vers l’aurore, abandonnons le noir,

 

Du passé qui m’échappe et glisse en mon miroir,

Apprends-moi la beauté, la science, déesse

Du magique inconnu, l’illusion, l’ivresse,

Aide-moi dans la vie à vaincre et à vouloir.

 

Car l’avenir est loin et profond est l’espace

Quand on s’y trouve seul. Comprends mon être et trace

De ton âme fidèle aux confins du savoir

 

Ma nature mortelle aux volontés de voir,

De découvrir les cieux où ton charme m’appelle :

Toi seul peut m’offrir l’immensité nouvelle.

Par marie-mutine
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Lundi 16 juin 2008

 

L’âge.

 

Je me suis, à trente cinq ans,

Vue atteinte d’un cheveu blanc !

Je m’en souviens, oui, je fus brave !

Alors, ce n’était pas tant grave…

 

Depuis un bon moment déjà,

Je ne peux plus dire qu’inch Allah !

L’expression donne la ride !

Il faut rester lucide.

 

Faut-il voiler tous les miroirs,

Tamiser la lueur des soirs,

Telle, jadis, reine barbare

Comme l’anecdote le narre ?

 

Lorsqu’on découvre les dégâts,

Faut-il entamer des combats

Tellement  vains, si dérisoires,

Et coûteux…surtout illusoires ?

Par marie-mutine
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