Mardi 3 juin 2008

CQFD

 

Chut!chut!chut!chut!

Le poète est en piste;

il fait son numéro

de fol équilibriste

et ce n'est pas facile

d'être toujours habile

et de dompter les mots

sans briser son stylo.

 

Le poète est un grand artiste

doublé d'un double trapéziste

dont nul ne doute des réflexes.

Non content de faire danser

les innombrables particules,

les accents circonfexes,

les points et les virgules,

il pirouette et se balance,

il virevolte et se relance

en rattrapant sans hésiter

d'un long doigt vif et délié

tous les vocables en vacances.

 

Mesdames et messieurs,

n'ayez pas peur, n'ayez pas peur!!!

Il ne tombera pas

le cher poète voltigeur.

Il est des plus adroits,

bien plus adroit que l'otarie,

imperturbable, sûr de soi

et pas du tout indifférent

au rire des enfants

qui souligne de temps en temps

ses plus étranges pitreries,

lettres, rimes et guillemets,

éblouissantes épithètes

retombent sur la tête

du gentil maître de ballet

en équilibre parfait.

Le gentil maître de ballet,

le poète, fait du trapèze,

du trapèze sans parenthèse,

sans parenthèse, sans filet.

 

Et le groupe magnétisé

des vocables disciplinés

tels des oiseaux obéissants

à son premier commandement

gracieusement se sont perchés

sur le trapèze en mouvement.

 

Il ne tombera pas

l'acrobate étonnant,

n'en déplaise à ces braves gens

venus avec l'espoir

sans doute inavoué

de le voir achever

sa fantasque aventure

les bras en croix,

inanimé

dans la sciure.

 

Le poète est adroit,

bien plus adroit

qu'ils ne le croient.

Il esr retombé,

buste cambré

sur ses deux pieds

comme il se doit.

 

...Et le tour est joué:

le poème équilibré,

divinement calligraphié

sur du beau papier quadrillé,

le pur poème est achevé.

A cheval sur le dos

du souriant artiste

il entame au galop

son dernier tour de piste,

salue civilement

le bon public un peu pantois

et s'esquive narquois.

 

Par marie-mutine
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Mardi 3 juin 2008

Aquitaine

 

Certains chantent l’Ille-et-Vilaine,

Les Charentes ou le Poitou.

Moi, dans mon cœur, c’est l’Aquitaine

Que je chéris par-dessus tout.

 

Si la Provence a sa lavande,

Ses oliviers, son romarin,

Aquitaine, tu as tes landes,

Ta résine, tes bois de pins.

 

Ta garonne voluptueuse

Qui s’étale et paresse un brin,

Humant les fragrances vineuses

De tes vignobles girondins.

 

Le lot qui traverse la plaine

Où la prune d’ente mûrit,

Émergeant comme d’une gaine

Des falaises du Mont Quercy.

 

Et tes chateaux, et tes bastides,

Qui haut perchés, regard perdu,

Attendent , l’allure intrépide

L’ennemi qui ne viendra plus.

 

Certains chantent l’Ille et Vilaine,

Les flûtiaux et les binious.

Moi, je préfère l’Aquitaine,

Ses esclopes et ses vins doux.

 

Par marie-mutine
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Mardi 3 juin 2008

Le culte de l’inculte.

 

Le monde va de l’avant,

Poussé par le vertige

Et par le très long moutonnement.

 

La foule va de l’avant,

Pleine et vide, vide et plaine.

On sait déjà qu’il faut des chapeaux noirs,

Des moustaches ou des cerceaux,

Le jogging et le même joint.

A quoi bon réfléchir ?

La télé et les affiches font le cerveau.

 

Publicis, publi-Mineur.

On a crée pour tous,

La même image choc du choix.

On choisit librement d’être comme les autres

La même lassitude, laxisme et tisonnier

Pour la braise. Elle s’éteint seule,

Sans même savoir si elle est là,

Tant les gens sont absents

Au point de réflexion.

On s’entoure de miroirs,

Brisés ou non.

L’échange relation seulement réside

Dans les multiplications des reflets,

Miroir contre miroir,

Et les verres accolés

Font l’amour vide

Et le cœur plat.

Par marie-mutine
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Lundi 2 juin 2008

Modèles éternels.

 

Bien servi ce capuccino !

L’adolescent du Trecento,

même en blue -jeans –est tête à peindre.

Quand le beau carabiniero

Vous fait penser au bronzino.

 

Ce sont d’adorables putti

Qui rappellent Boticelli.

Leur mère,au profil de madone,

Doit rentrer pour le minestrone !

Au volant de leur Alfetti

Passent de vrais Colleoni.

 

Au luna park, ce bambino

Est fils de Michelangelo,

Venu tout droit de la Sixtine…

Cette vénus Capitoline,

A l’aube, quitte son muséo

Pour se promener au Pincio.

 

Je suis sûre qu’aux Uffizzi

Face à face avec Vinci,

Je découvrirai la jumelle,

Sautant les ans de ce modèle.

A la loggia dei lanzi,

S’animent de purs Cellini.

 

L’hôtelier de Viareggio

Est, sans le savoir, d’Ucello,

Le duc d’une noble bataille.

Et les surprises sont de tailles,

De la Sicile à Milano

De revivre un Quattrocento.

Par marie-mutine
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Dimanche 1 juin 2008

Etat estival.

 

Que ce soit l’Adriatique,

Ou notre côte Belgique,

Le spectacle est peu plaisant

De voir nombre d’estivants

Faire un état impudique

Et vraiment inesthétique

De Vénus et d’Apollons( ?)

Pauvres esthètes, fuyons !

 

Eux, de leur building sordide,

Par l’autoroute rapide,

Ils sont venus se presser,

Du magma jamais lassés,

Sur les plages à la mode

Où, Seigneur n’est pas commode

De trouver un joli coin

Libre de ces tas d’humains !

 

Pourquoi cet instinct grégaire

A tous les gens fait-il faire

Tant de kilomètres, loin,

Pour se trouver plus ou moins

Exactement comme en ville,

Dédaignant l’endroit tranquille ?

On ne peut l’améliorer,

Cela fait plutôt pitié.

 

Ne parlons pas de complexe,

Et vrai, quel que soit le sexe,

Sous les parasols rangés,

Dans les fauteuils étalés,

Afin que nul n’en n’ignore,

Sous les rayons, on se dore…

Hâler : Pas d’autre souci !

Ce n’est pas souvent joli !

 

Agglutinés sur les plages,

La laideur est l’apanage

De ces coins de l’art honnis…

Artiste, abandonne ici

Une espérance trop rare

De voir un corps qui se tare

D’égaler d’anciens modèles :

Vinci, Robbia, Praxitèle !

Par marie-mutine
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Mercredi 28 mai 2008

Lorsque l’heure sonne.

 

Hélas !et lorsque l’heure sonne

Et que je pars dans la bourrasque,

Tu m’aides à nouer le masque

Qu’il faut pour vivre avec les hommes.

 

Tu me tends mes livres,mes gants,

Et ma pesante pélerine.

Puis tu me mets sur la poitrine

Un sachet de camphre odorant.

 

Si bien que je peux sans danger

Serrer quelques mains hypocrites,

Sans honte, me mêler au rite

Universel et mensonger,

 

Ecouter sans nous indigner

Les credos machiavéliques,

Orner les monuments publics

Et même ô douleur ! enseigner

 

Quelque vérité surannée

A laquelle nous ne croyons plus,

Puisque nous avons entrevu

Ta clarté brutale et sacrée.

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

Une histoire d’amour.

 

J’ai pris son regard dans mes yeux,

J’ai senti mon cœur chavirer,

Comme un esquif, dans les flots bleus,

Sans même oser lui parler.

Je l’ai appelé de temps en temps,

Pour un avis, pour un conseil,

Mais il ne comprenait pas,

Que de lui, je me languissais.

Il y a parfois des nuages,

Des mots, parfois incompris…

Je suis jalouse, je le sais,

De qui s’approche de lui.

Il y a les malentendus

Et puis l’amour qui nous dévore,

Les soupirs bleus, les nuits roses,

L’empire où rien n’est défendu,

Un désert tout fleuri de roses…

C’est une simple histoire d’amour,

C’est l’histoire de notre amour,

Un amour tout rempli de roses,

Et de tendresse, et de douceur.

 

 

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

 

Un soir brûlant d’été

 

Oui, je voudrais mourir,

Telle une rose rouge

Un soir brûlant d'été,

De l'excès de tendresse

D'une femme amoureuse;

Etre pour un instant

La rose triomphante

Qui pare son corsage

D'un prestige

Ephémère

Et exhale pour elle

Ses dernières senteurs

De fleur transfigurée;

Mourir silencieux

En inondant son sein

De ma plus pure essence

Et l'espace d'une heure

Faire don à l'amour

De l'odorant secret

De mon âme embaumée.

Oui, je voudrais mourir

Telle une rose rouge

Un soir brûlant d'été,

De l'excès de tendresse

D'une femme amoureuse.

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

Un rêve

 

Je suis un arbre au bord de l'eau.

Ne riez pas;

Je suis un chêne

Comme on en dessine au tableau

Pour les Fables de la Fontaine.

Mes bras sont devenus des branches

Et j'ai des nids plein mes deux mains.

Mes pieds sont fleuris de pervenches

Que vous viendrez cueillir demain.

Le plus comique, c'est ma tête.

La mésange vient y jouer

Avec le merle et l'alouette

En tournant autour de mon nez.

Mais c'est fatigant d'être un chêne!

Au réveil, par ses deux bisous,

Un ange m'a transformée sans peine

En une fille comme vous!

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

Tu sors vivante de la nuit
Telle Aphrodite de la mer
Et tu marches vers lui
Tandis qu'à l'horizon
L'aurore émerveillée
T'enrobe de clarté.
Ta nudité répond
Au défi quotidien
Et ton âme s'émeur
De la beauté du jour.
Tes cheveux enflammés,
Ton corps surnaturel,
La fleur de ton sourire
Et l'éclat de tes yeux
Eblouissent la nuit
Et la font basculer
Dans son puits de ténèbres.
Les fleurs épanouies
Humblement se prosternent
Et l'herbe reverdit
Et les rameaux fleurissent
Et les buissons s'égaient
De mille chants d'oiseaux.
Souveraine tu vas
Irrésistiblement;
Tes pieds miraculeux
Réveillent la nature
Et laissent derrière eux
Un sillage enchanté.
Armée de ta faiblesse
Et de ta grâce insigne
Tu opposes à l'astre
Ton unique splendeur
Et l'astre subjugué
T'embrase toute entière

 

Par marie-mutine
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