Mardi 27 mai 2008

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Mon crayon danse

 

Mon crayon, au bout de sa mine,

Possède un jardin plein de fleurs.

Il fait danser la capucine

Dans une gamme de couleurs.

Il n'ira pas chez la voisine,

Puisque son pain n'est pas pour nous.

Mais à chacun de nous dessine,

Une brioche en sucre roux.

Mon crayon est un fantaisiste

Qui se lance à l'assaut d'un mur.

Heureusement, un alpiniste

Lui jette une corde d'azur.

Mais qui chante " la tour prend garde"?

Mon crayon n'est pas dangereux!

Car, si le vieux mur se lézarde,

C'est qu'en grimpant, il rit un peu.

Mon crayon est un brin frivole.

Il s'amuse à planter des choux

Sous le préau de mon école,

Avec des étoiles pour clous.

Il entame une farandole

Avec les plus jeunes lutins.

Puis en jouant à "Pigeon vole",

Les enferme dans son jardin.

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

Mes cerises aux oreilles.

Je suis là, dans ma classe, les cerises aux oreilles,
Un crayon couleur rouge rassemble mes cheveux.
Les enfants sont partis, faire de la gymnastique.
Mademoiselle ! C'est beau ! Est ce qu'on peut les manger ?
Non, mes amis, celles là, jamais, je les garde pour moi…
Elles viennent de très loin, d'une région magique,
D'une belle région où le ciel est tout bleu,
Où le raisin est bon et pousse sur la treille,
Qui sent bon la lavande, le thym et l'olivier…
C'est un cadeau du ciel arrivé ce matin,
Un cadeau de poète, qui sait ce qui est bien…
Ce qui est bien pour moi, et puis tout ce que j'aime,
Les lapons, le petit Prince, et aussi les indiens…
Et je suis là, rêveuse, dans cette classe vide,
A penser au soleil que je n'ai pas ici,
A frictionner mes mains glacées, un peu vides,
A penser aux cigales,aux santons, au Midi…
Et je pense à Prévert, trente ans qu'il est parti !
Et j'ai envie de ciel, de cerises et de miel,
Envie de bon pain chaud qui brûlerait mes lèvres,
Mais j'ai envie surtout, de cerises à mes oreilles,
Et de baisers-cerises ,et j'ouvre la fenêtre,
Pour les laisser entrer, si jamais ils venaient.

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

 

Ma nuit.

 

Monstres, cauchemars, rêves enfantés,

Ont réveillé ma nuit.

Longue nuit blanche, qui passa sa langue

Sur ses babines, farouche.

Le ciel panoramique choisit une part du rêve

Et alluma son écran.

Les monstres animés ont crié leur délire

Dans le grand labyrinthe lunaire.

Le ciel n’en pouvait plus de supporter à la fois

Tant d’hallucinantes folies,

Mais aussi tant de grâces.

Tout doucement la nuit s’est achevée,

Les acteurs, un à un, se sont effacés

Et son allés rejoindre leur lit d’origine…

…un beau papier patient et docile.

 

Demain, après les derniers rayons rouges,

Leur mère,la plume vigoureuse, reprendra son travail

Et butinera le sang des dernières arachnides.

 

Elle transvasera son âme, aux replis tortueux,

Pour la graver à tout jamais, sur la fibre tendue

D’un arbre reconverti.

Et de nouveau, sur cette écorce sensible,

La plume enfantera des êtres informes

Aux allures de magie.

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

Lorsque tu seras grand...

Je te dirai les eaux profondes des étangs

Et les cygnes neigeux pareils à des navires,

Entre les saules d'or, balayés de printemps,

Quand les fleurs, aux vergers, ont des éclats de rire.

Je te dirai l'écrin de l'aube sous l'auvent,

Les pâturages lourds sous les troupeaux placides.

Je te verrai saisir dans les griffes du vent,

La mûre aux grains bleuis ou la prunelle acide.

Auprès du feu qui danse en attendant la nuit,

A l'heure où le couchant fait la margelle rose,

Je te dirai le chêne où la branche bruit

Avec, sur son épaule, un nid qui se repose.

Lorsque tu seras grand, je te dirai l'espoir!

Je t'apprendrai l'amour! Que tu saches la somme

De recommencements, de force , de vouloir,

Qu'il te faut, mon petit, pour devenir un homme!

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

 

L’oiseau fragile

 

Cueillez la pureté du jour de vos deux mains

Fragiles,

Et écoutez le chant de ce bel oiseau bleu.

Respirez-en le tendre azur;

Humez le vent léger des ailes de l'aurore

Et buvez la lumineuse rosée de ce matin

De libellule.

Ecoutez le silence des nuages mouvants

Et regardez boire les colombes immaculées,

A la fontaine divine d'Orphée.

Embrassez de vos yeux étonnés

L'admirable désordre du génie mystérieux

De la nature émerveillée,

Et, de l'oreille tendue, écoutez,

Ecoutez religieusement cette étrange

et sublime harmonie

Ecoutez votre âme sourire à votre coeur

Bouleversé.

 

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008
 

Jadis, elles couraient dans les champs

Elles attrapaient les gazelles,

Elles ramassaient en se penchant

Les herbes folles, elles étaient belles.

 

On les appelait pudiquement squaws

En baissant la voix : les squaws..

Mais elles se fichaient bien de cela !

Heureuses comme on n’imagine pas !

 

On leur a volé leur prairie

, il y avait du pétrole dessous.

Elles sont devenues »des filles «

Et travaillent , pliant le cou.

 

La prairie, elle n’existe plus,

Elles ont des tipis de béton,

Elles rêvent au temps béni

Où leur homme chassait le bison…

 

Petite squaw, je pense à toi,

Je dois être ta sœur, je crois,

Regarde au loin, à l’horizon,

Un tipi blanc est dressé là…

 

Regarde, ne plie pas le cou !

Je me battrai toujours pour toi,

Avec l’aide de mon amitola,

Je te jure, on y arrivera…

 

Tu retrouveras ta prairie,

Tu retrouveras tes bisons

Et ton sachem, regarde-bien

Appelle-le : il n’est pas loin.

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

Le silence

 

Ma présence est une ombre

A jamais transparente.

Le moindre cri me blesse

Et se heurte à l'écho

Qui le caricature.

Même le plus infime

Des bruits me dénature.

Je suis l'amie fervente

Du sage solitaire

Qui médite la nuit

Sur mes propres secrets,

Et le soutien vivant

Du malade muet

Qui quelquefois pressent

Ce qui me désespère.

Je suis le vieux mystère

Impossible à sonder,

Le vide pétrifié

Où s'est figée l'énigme,

L'indéchiffrable sphinx

Qui t'oblige à te rendre.

Je suis la vérité

Que nul ne peut entendre.

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

C’est un beau tipi blanc
Dressé dans la prairie,
Ses treize perches de bois
Dirigées vers le ciel…
C’est mon tipi à moi,
Et à mon grand Sachem.
Et lorsque vient le soir,
Qu’il rentre de la chasse,
Il m’emmène au tipi,
Le huitième, c’est le nôtre…
Entrés dans le tipi,
Nous sentons la quiétude,
Et la douce chaleur
Du foyer du milieu.
Les peaux de bisons attendent ,
Les herbes sacrées dispersées,
Aux quatre directions.
Il a brûlé l’herbe douce
Et la fumée est odorante…
Alors, mon grand Sachem
S’assied derrière moi,
Et il étend ses mains,
Pour donner la lumière,
Et pour donner l’amour,
A l’amour de sa squaw.
Sa squaw qui le regarde,
Comme on regarde un Dieu.
C’est mon tipi à moi,
Et celui de mon âme.
Un arbre magnifique
Se dresse près de lui.
On entend pas très loin
Le bruit de la rivière,
Où j’irai me baigner,
Lorsque viendra le soir.
Et mon amitola,
Avec sa couverture,
Me prendra dans ses bras,
Et me réchauffera…
Et ses lèvres si douces
Viendront prendre les miennes,
Et avec précaution,
Comme on ouvre une fleur,
Il viendra dans mon âme
Et prendra ma raison.
Il boira la rosée à l’aube,
Et quand viendra l’aurore,
Fermera les pétales
Qui ne sont que pour lui.
Et je serai heureuse
Comme peut l’être une squaw,
Quand elle reçoit l’amour
De son « chan « adoré.
Dans son grand tipi blanc
Dressé dans la prairie,
Ses treize perches de bois
Dirigées vers le ciel…

 

 

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

L’ Aiyana. ( fleur éternelle)

 

De sa ceinture de cordon,

La jolie squaw s’est dépouillée,

Et sa tunique de coton,

Elle va aussi l’enlever.

 

Elle va plonger dans la rivière,

Sentir l’eau caresser son corps,

Et ses mains prendront la lumière

Pour la faire briller plus encore.

 

Elle est légère comme la plume

Qu’elle porte dans ses cheveux,

Et ses grands yeux, empreints de lune,

Ne voient que son amoureux.

 

Elle est heureuse, elle le montre,

Elle, la toute petite squaw,gentille,

Elle regarde la prairie,sourit en pensant au tipi

Elle pense au baiser –médecine,

Qui lui rend un cœur de cristal…

 

Par marie-mutine
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Mardi 27 mai 2008

Je vous donne.

La  clef d’or

 

Je rêve quelquefois

D'un chef d'oeuvre isolé,

D'un vers inimitable,

D’un diamant parfait

Qui brillerait soudain

Tel un astre éclatant

Dans un ciel sans nuage.

Oui, je rêve parfois

D'un unique vocable

Qui serait à la fois

La révélation

Du secret de la vie,

Le résumé de l'art,

La pensée souveraine

Et la pure harmonie;

D'un rien qui serait tout,

D'un symbole ébloui,

D'une image sublime

Capable d'éveiller

La ferveur unanime

Des esprits partagés.

Je rêve quelquefois

De chimères tangibles,

De mille bras tendus

Vers des buts accessibles,

De douces mains comblées,

De visages offerts

A la même lumière,

D'un vers libérateur

De la même allégresse,

D'un vers chargé de joie

D'espoir et de tendresse.

Je rêve d'un vers-clé,

Merveilleux et suprême,

D'un vers plus que parfait

Qui serait pour chacun

Le plus beau du poème,

D'un vers auréolé

D'un céleste prestige,

D'un vers miraculeux,

D’un sésame divin

Qui ferait à l’amour

Un triomphal destin,

Et forcerait les gens

D'ailleurs et d'alentour

A s'entr'aimer toujours

Jusqu'à la fin des temps.

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Par marie-mutine
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